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Joker (2019)

Mis à jour : 10 oct. 2019

Réalisation: Todd Phillips Casting: Joaquin Phoenix, Robert de Niro, Zazie Beetz

Bande Originale: Hildur Guonadottir


Suite à sa victoire à la Mostra de Venise, le nouveau film sur le super-vilain de l'univers DC était attendu au tournant. Avec Joaquin Phoenix dans le rôle titre, Joker avait toutes les cartes en main pour devenir un incontournable.


En offrant une oeuvre subtile et mature, Todd Phillips réussi son pari de faire un film simple et sobre autour d'un personnage déjanté et sombrant dans la folie. Au-delà de traiter d'un super méchant, ce film parle d'un homme violenté par la société et broyé par ses rêves de devenir quelqu'un. Arthur Fleck veut compter et laisser sa marque dans ce monde qui le rejette. Il rêve de grand, de plus grand.


Le film met en opposition deux camps dans le Gotham des années 1980. D'un côté, le camps des "riches" emmené par Thomas Wayne et de l'autre, le camps des "clowns", ceux qui ne comptent pas dans cette société capitaliste où la réussite prime plus que le bonheur individuel.

C'est dans cette société que nous allons suivre Arthur qui tente de se libérer du poids de la vie et du poids son handicap qui l'étrangle au quotidien. Car pour Arthur, rire et pleurer sont la même chose tout comme vivre et souffrir.

Vivre et souffrir dans un monde où la violence est symbolique mais qui entraîne avec elle toute une ville, toute une communauté. Une violence abstraite qui sera beaucoup réelle dans les mains d'Arthur.


Joker est un blockbuster d'auteur et une leçon de cinéma sur comment retranscrire la folie. Une folie palpable qui nous enserre au fur et à mesure du métrage. Une folie qui devient nôtre et qui ne nous semble plus si folle. Nous devenons peu à peu ce Joker en rigolant aux scènes macabres, en trouvant cela justifié, en acclamant un homme qui laisse sa folie le dominer pour enfin pouvoir commencer à vivre.

Et c'est là que le film vous tient. Vous, nous sommes complices d'Arthur, nous acceptons et nous libérons avec lui. Sa libération est aussi la nôtre.


Le montage est d'une importance phénoménale. Il nous fait douter de ce que nous voyons, remettant en question chaque particule de ce qui pourrait ressembler à la réalité. La musique comme le silence portent eux-aussi ces moments de doute et de basculement.


Dans un Gotham au bord de l'explosion, nous sommes seuls avec Arthur, nous le suivons dans son éternelle solitude. Entre interrogation et fascination pour ce personnage tout sauf manichéen, nous nous retrouvons à éprouver de l'empathie pour cet homme perturbé. Joaquin Phoenix incarne d'ailleurs parfaitement ce subtil mélange de folie et de sympathie. Il porte le film à lui seul en nous emmenant lentement avec lui au bord du chaos.


Joker est donc un monument. Il ne fera pas l'unanimité mais il marquera. Avec plusieurs niveaux de lecture, il est la preuve que le cinéma de super-héros n'est pas perdu, que l'on peut facilement se réinventer tout en proposant une histoire connue de tous. Sans artifice, sans prétention et sans fan-service, Joker nous emmène qu'on le veuille ou non dans une douce folie et dans un sentiment étrange de liberté. Joker est un grand film à ne pas rater, un grand film qui ne sera pas oublié.


Ecrit par Lyria






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