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Sharp Objects (2018)

Mis à jour : 17 janv. 2019


Casting: Amy Adams, Patricia Clarkson, Eliza Scanlen, …

Showrunner : Marti Noxon

Diffusion : OCS


C’était la série HBO tant attendue de cet été, Sharp Objects intriguait beaucoup et donnait envie de par son casting, son pitch sombre et la réalisation de Jean-Marc Vallée (Big Little Lies). Au final qu’est-ce que cela vaut ?

Sharp Objects raconte l’histoire d’une journaliste Camille Preaker qui retourne dans sa ville natale après un séjour en hôpital psychiatrique pour enquêter sur le meurtre de deux jeunes filles. En retrouvant sa maison d’enfance et sa mère désormais remariée, Camille va être confronté à son sombre passé.


Cette série est avant tout inspiré du roman de Gillian Flynn qui avait déjà été l’auteure de Gone Girl, adapté au cinéma avec brio. On reconnaît ici l’empreinte de l’auteure qui a inspiré un scénario aussi intelligent et surprenant que Gone Girl. Une autre similitude avec son précédent roman et que l’histoire met en avant des personnages féminins très intéressant avec une réelle psychologie complexe. En effet, cette série présente des personnages très intéressants d’un point de vue psychologique.


Camille est un personnage torturé qui a énormément été marqué par des événements douloureux dans sa jeunesse. C’est une femme brisée et très pudique. Elle cache son corps mutilé où l’on peut lire un nombre incalculable de mots notamment des insultes qu’elle s’est infligée à elle-même. Camille n’a pas été épargné par la vie, ce qui rend son personnage fascinant. Elle se protège des relations humaines et est très distante avec les personnes qui l’approchent. Au fil des épisodes, on y retrouve aussi différentes mots qui apparaissent très brièvement à l’écran comme les mots présents sur son corps nous montrant son mal être permanent.

Il y a aussi Adora, la mère froide de Camille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle est l’incarnation du pouvoir et du contrôle. En effet, son prénom est très significatif car elle cherche à être adorée par tous et veut un contrôle total des autres personnages d’où son attitude malveillante avec Camille qui a toujours résisté à son emprise. On voit aussi qu’Adora a prit le pouvoir sur la ville de Wind Gap car c’est la femme la plus influente et respectée voire peut-être crainte.

Enfin nous avons Amma, la demi-soeur de Camille, une adolescente très difficile à cerner car a tendance à jouer sur plusieurs tableaux. A l’extérieur de la sphère familiale, c’est une meneuse autoritaire de sa bande d’amies qui se laisse aller à des plaisirs tels que des soirées avec de l’alcool ou de la drogue. En revanche, Amma endosse le rôle de la fille parfaite dans sa maison. Elle cherche dans son foyer, à être protégée et choyée par sa mère. Sa recherche d’affection montre sa ressemblance avec sa mère et explique la relation malsaine qu’elle entretient avec sa demi-soeur par son comportement imprévisible et manipulateur.

Ces personnages sont incarnés par des acteurs de talent notamment Amy Adams qui livre une interprétation magistrale.


Sharp Objects met en avant plusieurs thématiques fortes. On a tout d’abord celle de la famille. Ici, la famille est synonyme de relations toxiques. Cette thématique est entretenue par la métaphore du foyer avec la grande maison qui cache ses secrets, cette maison est d’ailleurs mise en abyme par la maison de poupée d’Amma qui en est la réplique exacte, qu’elle entretient avec beaucoup d’attention comme le peut faire sa mère. On a aussi une certaine critique de la bourgeoisie américaine qui se cache derrière des apparences.

La réalisation de cette série est aussi très bonne. L’esthétique est très soignée avec une atmosphère très froide aux couleurs épurées. Il y a aussi un grand travail des décors notamment avec la maison d’Adora que l’on peut considérer comme un personnage de la série. Celle-ci est très grande, oppressante mais aussi sublime, on peut évoquer la tapisserie verte de l’entrée qu’on retrouve aussi sur l’affiche de la série. Chaque épisode commence également par un générique beau et élégant montrant certains plans marquants de la série (par exemple, les rollers).


La bande son qui accompagne la série contient une grande variété de musiques allant du rock au classique avec de grands artistes comme Led Zeppelin, Ludovico Einaudi en passant par Alexandra Streliski.


Sharp Objects a cependant un rythme qui peut paraître long pendant les premiers épisodes où le spectateur pense posséder au début que peu d’informations l’aidant à comprendre le récit. L’histoire prend le temps de mettre ses différents éléments en place mais au fur et à mesure, les indices viennent à nous et des moments très forts jaillissent pour arriver à un dénouement laissant sans voix et parfaitement cohérent.


Sharp Objects est donc la série qui a fait sensation cet été et qui marquera 2018 par sa justesse, sa pertinence et son obscurité. Tout est bien amené, la série prend son temps pour bien développer son atmosphère, ses personnages et son intrigue.

Elle nous montre encore une fois que HBO est le maître en terme de production de séries passionnantes, aux thématiques fortes et de très grande qualité.


Ecrit par Totole



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